François Bayrou : « Je souhaite associer le CESE comme expert du terrain et expert des usagers »

Retrouvez le discours de François Bayrou, Premier ministre, au Conseil économique, social et environnemental ce mardi 1er avril 2025.

Seul le prononcé fait foi

Merci, monsieur le Président, et je vous salue en saluant l'ensemble du Conseil économique, social et environnemental, et vous, mesdames et messieurs les conseillères et les conseillers. 

Vous l'avez laissé entendre, monsieur le Président, ne croyez pas que je sois devant vous par hasard. Je n'ignore pas que votre Conseil, comme bien d'autres institutions de notre démocratie, est aujourd'hui discutée, mise en cause dans l'exercice de sa magistrature et dans son utilité. C'est pourquoi ma présence devant vous, devant le Conseil économique, social et environnemental, troisième chambre de notre Constitution, ma présence devant vous n'est ni fortuite ni accidentelle. 

J'étais venu devant vous, il y a 5 ans, en tant que Haut-commissaire au Plan, pour le premier rapport publié par cette mission pour montrer la voie de l'association de la société civile organisée aux grandes réflexions et à la préparation des grandes décisions du pays. J'étais venu devant vous, il y a deux ans, dans le cadre des assises du travail, car ma philosophie de l'action, c'est l'association de la démocratie sociale aux grandes décisions où se joue l'avenir du pays. 

C'est pourquoi, par exemple, et pas toujours très bien compris, j'ai voulu que la question fondamentale des retraites puisse être examinée dans le cadre de cette démocratie sociale. Je pense en effet que spécialement dans les temps troublés que nous vivons et que vous avez évoqués, il est crucial de partager la charge et les contraintes de notre démocratie. Il ne serait ni bon ni équilibré que tous les pouvoirs soient concentrés dans les seules mains politiques et partisanes. Ce n’est pas moi qui vais dire que la démocratie politique n'a pas sa responsabilité. Mais il est bon, et à mes yeux, il est vital qu'elle soit équilibrée par la démocratie sociale. Que la société, la société civile, la société des citoyens, aient d'autres moyens de se faire entendre que le suffrage ou le blocage. Et spécialement, dans cette situation de crise perpétuelle dans laquelle nous sommes entrés, que la société civile organisait, syndicats, associations, entreprises, puissent être un lieu d'expression, un lieu de prise de conscience de notre responsabilité commune. 

C'est la thèse que j'ai défendue depuis les premiers engagements de ma vie politique. Et c'est la thèse même que les plus grands dans notre XXe siècle ont défendue, au point que le général DE GAULLE a voulu faire de cette société civile organisée une part essentielle d'un nouveau Sénat à égalité de légitimité avec les collectivités locales. Ce fut une proposition sans suite et sans succès. Mais elle disait ce que le fondateur de la Ve République avait à l'esprit, en pensant à vous, à la représentation que vous portez des grands enjeux et des grands acteurs de la société française. 

Alors, depuis mes dernières interventions devant vous, que j'évoquais à l'instant, j'ai, pour ainsi dire, changé de bord. Je suis passé du domaine de la prospective à celui de l'action politique, et c'est pourquoi, avec vous, monsieur le président Thierry BAUDET, j'ai jugé qu'il pouvait être utile que je vienne devant le CESE pour partager avec vous des orientations, des préoccupations qui sont les nôtres aujourd'hui. Non pas la grande fresque d'un programme de Gouvernement tous azimuts, mais essentiellement, une sorte de programme immédiat de Gouvernement, manière explicite de considérer que c'est notre enjeu à tous, comme vous l'avez indiqué, d'agir au lieu de parler.

Quel est notre point de vue ? Alors, je veux dire des choses simples devant vous. Depuis la guerre, il n'y a jamais eu, pour un Gouvernement, une situation aussi difficile et aussi précaire que celle que nous connaissons aujourd'hui. Et cependant, aussi difficile et aussi précaire que soit la situation, notre devoir est d'agir. Et on peut même dire que c'est parce que c'est aussi difficile et aussi précaire qu'il faut à tout prix agir. D'abord, parce qu'il faut avoir une pleine conscience de ce que les orages et les tremblements de terre du monde vont avoir comme conséquences directes sur la société française. Et je dis cela le 1er avril, à la veille du 2 avril, c'est-à-dire de l'annonce de décisions du gouvernement américain qui vont frapper ou risquent de frapper l'ensemble de notre appareil productif, qu'il soit agricole, viticole, industriel et même intellectuel. Et il suffit pour s'en persuader de considérer l'appareil de notre production automobile. On découvre qu'en 2024, la production a baissé de 11 %, 11 % en une seule année de baisse de la production automobile dans notre pays. Mais la même chose vaut évidemment pour les vins et spiritueux, dont l'inquiétude est la nôtre, et pour l'ensemble de notre production agricole, comme pour la production d'énergie. Nous étions déjà, depuis les lendemains du covid, dans une stagnation, mais les menaces se précisent. La succession des trois tremblements de terre, d'abord le covid dans une stagnation… le covid qui a entraîné une stagnation avec l'arrêt complet du monde, de la Chine au monde occidental. Ensuite, le déclenchement de l'attaque contre l'Ukraine, de la fédération de Russie et de son armée, une des plus puissantes au monde. Et puis, les suites de l'élection du président des États-Unis, avec la double mise en cause. D'abord du lien de protection vis-à-vis des démocraties et vis-à-vis de notre Europe, avec des menaces directes sur les alliés membres de l'OTAN : le Canada, le Danemark, qui est de surcroît membre de notre Union européenne et aussi, ces derniers jours, le déclenchement d'une guerre commerciale entre alliés, dont nous verrons demain l'ampleur et les risques. 

Ces séismes du monde vont connaître chez nous des répliques d'autant plus dangereuses, que notre société, depuis des décennies, se fragilise continuellement. C'est évidemment vrai en économie, mais c'est vrai aussi dans le domaine de l'information, dans les attaques cyber, dans les fakes, dans les orages sociétaux, dans les risques que pourrait faire courir l'intelligence artificielle. Nous savons que cette intelligence artificielle, dans bien des domaines, constitue naturellement un atout inimaginable, par exemple en médecine, mais elle est en même temps une incroyable capacité à déstabiliser le lien de confiance que l'information devrait porter. 

En créant de fausses informations, de fausses images, de fausses vidéos, auxquelles, j'en parlerai dans une minute, l'affaiblissement de notre système d'éducation crée des facilités et donne carrière. Les lignes de défense ont craqué, les lignes de défense dont la principale est la culture générale, la confiance dans la science, dans le progrès de l'esprit humain, la connaissance, même approximative, de ce qu'ont été les grands mouvements de l'Histoire, la maîtrise de la langue et des idées. Et pourtant, dans un univers aussi tourmenté, la nécessité d'agir et d'agir tout de suite est un devoir moral. Nous ne pouvons pas nous laisser arrêter ni ralentir, par l’incroyable difficulté des temps. Bien sûr, nous serions plus rassurés et plus sereins si nous avions des années devant nous, mais nous n'avons pas le temps de ce répit, nous n'avons pas le temps de prendre le temps, car nos concitoyens sont découragés par l'impuissance publique, et là est le plus grand danger, les voir se détourner du débat et des institutions de la démocratie elle-même. Alors, quel est le plan du Gouvernement pour agir ? 

Ce plan a d'abord été de restaurer les outils élémentaires de la vie du pays. Nous n'avions pas de budget quand le Gouvernement a été nommé, pas de perspective de faire adopter ni le budget de l'action publique, État et Collectivité locale, et pas davantage le budget social de la nation. Le tout, près de 1 700 milliards d'euros. Aucune possibilité d'obtenir l'un de ces deux budgets, parce qu'il n'y avait pas de majorité, et au contraire, même tous les jours, des « oukazes » réciproques, des lignes rouges, entre guillemets, comme chacun disait, lignes rouges multipliées sur le thème assez simple « si vous faites ça, je vous renverse ». Et nous avons cependant réussi, en surmontant 6 motions de censure successives ; je crois que c'est un record dans les institutions françaises, à obtenir, comme je m'y étais engagé avant la fin du mois de février, un budget pour l'action publique et un budget pour notre action sociale. 

C'était il y a exactement un mois. À partir de ce camp de base, comme je l'avais défini en décrivant comme un Himalaya la chaîne de difficultés que nous avions devant nous, à partir de ce camp de base, nous pouvons aborder avec une volonté de réponse rapide et concrète tous les problèmes identifiés de notre action publique. Il est frappant de voir l'unanimité des Français pour constater ou affirmer que l'action publique ne marche pas. Le soir même de ma nomination, dans une interpellation télévisée, Madame Sophie BINET, la secrétaire générale de la CGT, a dit à peu près en ces termes ceci : « c'est simple, Monsieur le Premier ministre, en France, il n'y a rien qui marche : l'éducation ne marche pas, la santé ne marche pas, les services publics ne marchent pas. » Elle a énuméré tous les secteurs de l'impuissance publique et je crois qu'elle traduisait le sentiment profond d'un très grand nombre de Français. 

Et je lui ai répondu que devant ce paysage de l'action publique à ce point contesté, en effet, il convient de mettre en face un autre constat. Nous sommes le pays du monde pour qui cette action, au service de nos concitoyens, dépense le plus d'argent public, prélève le plus d'impôts, de taxes diverses et de cotisations, et en même temps crée le déficit, c'est-à-dire, la dette la plus importante. À l'énoncé de ce constat, il n'y a pour moi qu'une conclusion possible, c'est que nous avons un problème général d'organisation de chacun des domaines de notre action publique. Mais les problèmes d'organisation requièrent beaucoup de temps pour les repenser. Et nous sommes obligés d'aller vite pour trois raisons, au moins. La première, c'est que les événements nous pressent lorsque nous sommes menacés d'être relégués hors de l'Histoire, c'est-à-dire hors de la maîtrise de notre propre destin, alors c'est d'urgence qu'il faut parler et agir. Deuxième raison : les dégâts commis chaque jour sont irréversibles. Et vous verrez que dans tous les champs que nous allons examiner, les dégâts d'aujourd'hui ont des conséquences, en réalité, le plus souvent irrémédiables. Et troisième raison, il faut agir parce que le fatalisme et la résignation sont une remise en cause aux yeux de chacun des citoyens de la démocratie elle-même. À quoi bon vous élire, puisque rien ne change jamais ? Donc, en sachant très bien que dans un monde idéal, il nous faudrait des années pour repenser et remettre en ordre les choses, nous sommes appelés à une action immédiate. 

Je propose de commencer cette action immédiate par des domaines les plus identifiables de notre déficit d'efficacité. À chacun de ces domaines d'action que je vais définir devant vous, je propose d'associer le Conseil économique, social et environnemental comme expert du terrain et comme expert des usagers. Alors, de la même manière, comprenez-moi bien, je sais très bien que le temps du CESE est un temps long. Cependant, je serai heureux que vous acceptiez de participer à l'action rapide et à sa définition, à participer autant que vous le souhaiterez, et autant que vous jugerez le pouvoir. 

Le premier domaine auquel nous sommes attaqués, auquel nous devons nous attaquer et auquel nous nous sommes attaqués au lendemain du vote du budget, c'est le domaine de notre administration. J'ai réuni tous les ministres et tous les directeurs d'administration centrale en y associant des responsables préfectoraux pour leur demander un exercice inédit qui est de traduire dans une langue compréhensible pour tous, un exercice, cet exercice inédit, traduire les missions dont leur département ministériel est chargé, énoncer de la manière la plus simple et la plus compréhensible la totalité des missions dont ils ont la charge. Le 14 mars, ces comptes rendus m'ont été remis. Le Gouvernement est en train de les étudier. Je les transmettrai bientôt, la semaine prochaine, aux Commissions parlementaires chargées de l'évaluation de l'action publique ainsi qu'à votre Conseil. Je mettrai en ligne cette compilation de manière que les Français qui s'intéresseraient à ce sujet et tous les agents publics puissent participer à cette évaluation. Les questions que nous nous poserons sont simples : est-ce que ces missions sont pertinentes ? Est-ce qu'elles suffisent ? Est-ce que ces missions sont remplies ? Et est-ce que l'allocation des moyens est adéquate ? Nous reviendrons avant la fin du mois d'avril vers les ministères et les administrations centrales pour confronter les observations avec les rédactions initiales. 

J'ai ensuite décidé, avec les membres du Gouvernement, que nous allons nous attaquer prioritairement dans un plan d'urgence à quatre grands domaines de l'action publique qui n'épuisent pas toutes les difficultés et toutes les contraintes, mais qui sont, à nos yeux, d'une plus particulière urgence. Nous commencerons par la mère des batailles, c'est-à-dire l'éducation, non pas en pensant comme ça s'est fait trop souvent, à une grande loi de réorganisation. J'ai vu et nous avons vu, trop vu, de ces grandes lois pour savoir qu'en vérité, elles ne changent rien ou très peu. Mon état d'esprit est simple. Pendant quatre années, il y a longtemps, j'ai exercé la responsabilité du ministère de l'Éducation nationale, jusqu'en 1997. Depuis cette date, en à peine 25 ans, les résultats mesurés par les enquêtes internationales ont reculé en moyenne de plus d'une année scolaire. Le niveau des élèves, à cette époque, à la fin de la cinquième, était le même que le niveau des élèves aujourd'hui à la fin de la quatrième. Et donc, je ne mets, tout le monde comprendra, je ne mets en cause personne, je ne cherche pas de coupable. Tout ça serait ridicule. Mais nous ne pouvons pas accepter cette situation. Et je ne peux pas l'accepter, non seulement en tant que chef du Gouvernement, mais comme citoyen. La France était le premier pays du monde et reconnu comme tel en matière éducative. Nous sommes aujourd'hui 28ᵉ en matière de maîtrise de la langue sur les 40 qui appartiennent à ce panel de l'OCDE. Nous sommes 28ᵉ sur 40 sur la capacité de traduire par écrit correctement une pensée ou une description. Le recul en orthographe élémentaire est abyssal et c'est, hélas, la même situation, et même en pire, pour ce qui est du domaine mathématique ou des sciences de l'observation. Nous sommes 36ᵉ en mathématiques. Nous qui avons la juste réputation d'être le premier pays au monde dans ce domaine essentiel et qui le montrons par les médailles Fields que nous recevons et par les résultats incroyables que nous obtenons en algorithmique ou dans le domaine spatial. Cette situation, nous ne pouvons pas l'accepter. Si, étant dans cette responsabilité, nous ne faisions rien aujourd'hui, nous nous rendrions coupables de non-assistance à un pays en danger et davantage encore à des jeunes citoyens, des jeunes concitoyens qui sont eux-mêmes en danger. Car ne nous trompons pas, nos jeunes qui n'arrivent pas à suivre, comme on dit, qui n'atteignent pas le niveau nécessaire, ce sont d'abord les plus fragiles socialement, ceux dont la famille et les parents sont en insécurité sociale ou en insécurité culturelle. C'est une relégation par la naissance. Et notre devoir et notre mission est de la combattre. Il nous faut isoler des causes, des causes immédiates, et face à ces causes, proposer des stratégies de reconstruction. 

À nos yeux, une des causes indiscutables est celle de l'effondrement de l'écrit dans notre société. Sans maîtrise de l'écrit, aucune chance de réussir dans un cursus, et plus grave encore, aucune chance d'affronter sereinement les défis de la vie professionnelle. Quelque 30 % des élèves au niveau du bac sont en grande difficulté devant l'écrit. Nous ne pouvons pas demeurer spectateurs navrés ou commentateurs indifférents devant de telles difficultés. Cette certitude n'est pas une option, elle n'est pas une préférence, elle est une obligation nationale, et j'ajoute une obligation morale. C'est pourquoi, dès la rentrée prochaine, nous avons décidé, avec la ministre d'État chargée de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Élisabeth BORNE, de mettre en place un plan complet de reconquête de l'écrit. Il faut mesurer à quelle montagne nous nous attaquons. L'écrit, et vous le savez bien, est aujourd'hui le mal aimé. C'est l'écrit qui a le plus souffert, qui a le plus reculé dans la transmission d'informations et de connaissances. L'image, depuis des décennies, a progressivement pris le pas. Or, le mécanisme psychique et cognitif, qui, par le truchement de l'écrit, transmet des informations d'un cerveau à un autre, au travers de l'espace et au travers du temps, ce mécanisme psychique n'a pas la même efficacité lorsqu'il s'agit d'images. 

Devant l'écran, notre cerveau est passif. Devant l'écriture et devant la lecture, il est actif pour aller chercher des informations. Et devant l'écriture, il est deux fois actif pour élaborer un message et pour le transmettre. J'ajoute que la maîtrise de l'écrit, lecture et écriture, et si j'osais, j'ajouterais même la graphie, la maîtrise de l'écrit est étroitement corrélée à la créativité. Si ces faits sont avérés, et je crois qu'ils le sont, la reconquête de l'écrit est pour nous une priorité absolue, reconquérir l'écrit quotidiennement. Dans toutes les disciplines, dans tous les cours, c'est reconquérir les savoirs fondamentaux, puisqu'on sait aujourd'hui que l'écrit est mobilisé, y compris dans la résolution des problèmes mathématiques ou scientifiques. L'assiduité dans la pratique de la lecture et de l'écriture n'appartient pas seulement aux cours de français. Elle relève de toutes les disciplines. Premier grand sujet de mobilisation : la reconquête de l'écrit. 

La deuxième question que nous allons immédiatement traiter est celle de la formation des enseignants. Il y a de toute évidence un lien entre la formation des enseignants, telle qu’elle s’est mise en place sur les dernières décennies, et les résultats de notre école. Beaucoup d'enseignants suggèrent que la formation qu'ils ont reçue, telle qu'elle s'est mise en place, ne leur a pas permis de répondre aux défis de transmission des fondamentaux, particulièrement en mathématiques, en arithmétique, porte d'entrée... L'arithmétique, porte d'entrée vers les mathématiques, en calcul mental, aussi bien qu'en maîtrise du français. Si tel est bien le cas, il nous faut reconstruire. Nous avons donc décidé de prendre à bras-le-corps les deux questions essentielles que sont la formation initiale et la formation continue des enseignants. 

Pour la formation initiale, nous allons retrouver les principes qui faisaient la réussite des écoles normales. Un recrutement précoce, nous l'organiserons à l'entrée d'une licence à vocation professionnelle, avec tout au cours de cette formation, un approfondissement et une vérification des capacités, une maîtrise des pratiques pédagogiques, notamment en matière de compétences écrites, d'orthographe, et je le disais même, de graphie, et un travail assidu en pédagogie arithmétique, mathématique et scientifique, pour limiter la fuite que nous constatons des élèves et particulièrement des filles devant les matières scientifiques. Quand on essaie de comprendre les raisons qui font qu'il y a beaucoup moins de filles aujourd'hui qui choisissent la voie scientifique, on découvre — et c'est notamment une réflexion des Commissions parlementaires qui se sont intéressées au sujet — que l'une des causes dominantes est que les maîtresses sont moins portées vers les sciences et que le modèle que représente l'enseignante est moins engageante pour aller vers des disciplines scientifiques. Voilà pour la formation initiale : retrouver ce qui faisait la force des écoles normales dans un temps où l'enseignement français était le premier par la qualité dans le monde. 

Et la formation continue sera organisée à partir de la détection des pratiques pédagogiques qui font le plus progresser les classes pour qu'il y ait proposition de leur généralisation. J'ai une autre question, que nous traiterons plus tard. C'est la question de l'orientation. Je dois vous avouer que je suis très interrogatif sur Parcoursup, parce que Parcoursup, c'est l'organisation de l'orientation précoce et que l'orientation précoce est en réalité, si l'on y réfléchit la plupart du temps, une orientation sociale. C'est parce que les parents connaissent la carte, les codes et les débouchés possibles des formations, parce qu'ils savent à l'avance, c'est parce qu'ils connaissent ces codes et ces cartes que leurs enfants peuvent faire des choix. Mais qui, en seconde, et même en première et en terminale, peut dire qu'il est certain de ce qu'il veut faire plus tard ? Quelques vocations, peut-être. Si je balayais du regard l'ensemble de cette assemblée, peut-être retrouverais-je les mêmes interrogations que les miennes dans ces moments précoces de la formation. Il y a peut-être quelques vocations certaines, mais je dirais 10 % tout au plus. Nous sommes devenus, en ce sens, un pays cruel, parce qu'il ne ménage jamais, jamais vraiment, de deuxième ou de troisième chance, de chance supplémentaire pour ceux qui sont mûrs plus tard que les autres ou de ceux qui manquent une marche dans leur parcours scolaire ou professionnel. 

Ma détermination, et c'est celle qu'avait annoncée en 2017 le président de la République, c'est de garantir à chacun qu'il pourra toujours courir une chance supplémentaire. Alors, cela, évidemment, pose la question, par exemple, d'une préparation à l'entrée de l'université, d'une propédeutique, comme on disait autrefois, qui permette de donner à chacun la maîtrise des outils nécessaires pour entrer dans l'autonomie d'acquisition de la connaissance, qui est la vocation propre de l'université. Voilà pour l'école. 

La question de la santé est notre deuxième champ d'action d'urgence. Les difficultés de l'accès aux soins sont un cauchemar pour de très nombreux Français. En ville comme à la campagne, les déserts médicaux sont une réalité quotidienne et décourageante. L'impossibilité de trouver un rendez-vous médical, à plus forte raison un médecin traitant, désespère des millions de nos compatriotes. L'accès aux soins, l'accès aux médecins sont devenus un impossible parcours d'obstacles. Cette situation ne peut pas être acceptée. Comme le système éducatif, l'organisation de santé de notre pays, faisait autrefois notre fierté. Mais certaines décisions, comme le numerus clausus, par exemple, mais ce n'est pas la seule, ont eu des effets dramatiques sur l'offre de soins. Et même si les efforts ont été accomplis ces dernières années, les inégalités territoriales continuent à se creuser. 

J'engage la parole du Gouvernement sur l'obtention de réponses immédiates et concrètes pour mettre un terme aux déserts médicaux. On ne peut pas accepter, on ne peut pas tolérer la situation des déserts médicaux, il est donc de notre devoir d'entrer dans l'action. C'est une question naturellement délicate, vous le savez bien. Et il est nécessaire d'entrer dans tous les ressorts de sa complexité. Le Gouvernement est attentif aux initiatives des Parlementaires. Il y aura, par exemple, une proposition de loi qui va être très rapidement discutée à l'Assemblée nationale et puis au Sénat, si elle passe la rampe du suffrage, à l'initiative de parlementaires et d'élus locaux. Mais le Gouvernement est soucieux de construire une solution incluant l'ensemble des acteurs. Et donc, un plan de solutions concrètes qui tiendra compte des débats parlementaires, de leurs réussites ou de leurs difficultés. 

Un plan de solutions concrètes devra être présenté avant la fin de ce mois. La première étape de ce plan doit être le repérage précis et complet des territoires en souffrance, une cartographie du devoir de prise en charge de nos compatriotes réduit à l'abandon dans ce domaine si sensible, si vital, au sens propre du mot. J'ai rencontré dans tous mes déplacements ces 3 derniers mois des élus locaux, des réunions de maires dont certains pleuraient simplement parce qu'il n'était pas possible chez eux de trouver une réponse aux angoisses, aux difficultés et aux besoins médicaux. Alors, bien des efforts ont été conduits, je le sais. On a décidé d'efforts financiers qui ne sont pas négligeables. Nous avons ouvert le numerus clausus. Pas assez. Cette aberration décidée, il y a plusieurs décennies, et j'ose le dire, décidée il y a plusieurs décennies dans la complicité générale. Nous avons permis la délégation de tâches, il demeure que la situation sur le terrain est désespérante et bouleversante pour des millions de nos concitoyens. Il faut donc sortir de l'enlisement et de l'impasse. Il faut probablement une régulation, comme l'ont décidé, conscients de la difficulté, nombres de professions de santé. C'est par exemple le cas depuis le mois de janvier des chirurgiens dentistes qui ont décidé de prendre en main cet impératif. Je le répète et je veux le marteler devant vous, ce Gouvernement ne sera pas celui qui par atermoiement acceptera que plus de 6 millions de nos compatriotes ne puissent pas facilement trouver de médecins traitants, que des cantons entiers soient sans solution. On les lanterne perpétuellement en leur promettant que tout cela va s'arranger. Je vais donc inviter toutes les parties prenantes dès la semaine prochaine, avec les ministres concernés, pour que nous examinions ensemble des solutions pratiques, rapides et concrètes.

Je ferai tout pour que ces solutions soient adoptées. Si elles ne le sont pas, le Gouvernement interviendra, comme je considère que c'est son devoir. Je le dis pour tous ceux qui voudraient toujours reporter à demain, procrastiner, comme on en a trop l'habitude. Les solutions qu'après tant et tant d'années de négociations et de palabres, nous ne trouverons pas dans les quelques semaines qui viennent, nous ne les trouverons jamais. Ce Gouvernement s'est donné pour mission d'agir, et d'autant plus mission d'agir que la situation est plus difficile. L'urgence est un devoir. Je dédie cet impératif d'urgence aux patients abandonnés et aux élus désespérés. Je veux ajouter qu'une partie de la solution passe par un maillage nouveau de notre territoire, par les unités de formation médicale. C'est la concentration de la formation médicale dans les métropoles qui explique en partie la désertification médicale du reste du territoire.

L'aménagement du territoire, domaine si abandonné aujourd'hui, c'est aussi le maillage des formations supérieures à proximité des populations. C'est un changement majeur, et celui-là aussi est un changement à vocation sociale. Ceux de nos compatriotes qui n'ont pas les moyens de payer à leurs enfants une installation dans une métropole, forcément des loyers plus chers et forcément des transports éloignés, sans compter le déracinement auquel ne sont pas soumises les familles des centres-villes et des grandes unités urbaines, ceux qui n'ont pas les moyens de payer cela à leurs enfants sont dans une situation de déshérence. Et nous devons penser une autre vision de la France, celle dans laquelle les formations sont rapprochées des populations, y compris les formations supérieures. Je viendrai un jour vous parler, monsieur le Président, si vous le souhaitez, de la question de l'aménagement du territoire, qui a été depuis si longtemps sous-estimée ou abandonnée. Une dernière conviction que je vous confie : je considère que l'architecture de notre système de santé n'est plus adaptée à un certain nombre de nos difficultés. Je sais qu'il s'agit d'une œuvre de longue haleine qui demande un investissement patient et ne relève donc pas de l'urgence, mais bien qu'il soit impossible à traiter cette question dans le cadre d'une action immédiate, je n'abandonne pas cette préoccupation et je serai heureux que nous réfléchissions ensemble à ce que devrait être une architecture nouvelle, plus efficace, moins contestée du système de santé. 

Troisième grand domaine, celui de la simplification. Dans ce domaine comme dans les autres, je veux partir de l'expérience vécue des Français. Or, les Français n'en peuvent plus de la paperasse, de la bureaucratie, des normes qui n'ont pas d'utilité. Il est pour moi impossible d'entendre des parents d'enfants handicapés me répéter qu'ils sont contraints chaque année de remplir les mêmes formulaires pour obtenir les aides auxquelles ils ont droit, comme si le handicap allait s'effacer, ou bien encore d'entendre un paysan me dire qu'il est empêché de construire une petite maison sur son terrain isolé, sur son exploitation isolée, en raison d'un plan d'urbanisme rigide et hors sol. Je considère que désormais, il faut inverser la charge. À l'administration de s'expliquer sur l'utilité des formulaires et de les remplir, puisqu'elle dispose de toutes les informations croisées sur chacun de nous, et aux usagers de contrôler dans un second temps le travail de l'administration. Ce sont donc les usagers, entreprises, artisans, PME, associations, familles, que je veux mettre en première ligne pour devenir, eux-mêmes, ou redevenir, car ils n'auraient jamais dû cesser de l'être, les maîtres d'œuvre de la simplification. C'est eux qui auront le pouvoir de demander des explications aux administrations, de faire apparaître les absurdités des labyrinthes administratifs, puisque ce sont eux qui les vivent. Et c'est à eux qu'on devra apporter la preuve que ces exigences sont justifiées. Beaucoup d'entre vous, je le pense, se disent, peut-être en m'écoutant : « oui, sur le principe, mais en pratique, c'est impossible. » J'ai déjà entendu cela, il y a quelques années, à l'occasion des débats autour de l'idée que je défendais de prélèvement à la source pour l'impôt sur le revenu. On me disait que c'est impossible, et certains même affirmaient que ce n'était pas constitutionnel. 

Et pourtant, un Gouvernement courageux a pris ce risque. Et il n'y a pas eu même une ride à la surface de l'étang. Aujourd'hui, le prélèvement à la source existe, et qui oserait prétendre que l'on peut revenir en arrière ? Tout est possible à condition qu'on se dégage de cette maxime nuisible : « Ça n'a jamais été fait, c'est donc que c'est impossible. » Voilà les trois grands chapitres d'action d'urgence. Et s'il n'y avait que les chapitres développés jusqu'à maintenant, j'oserais vous dire, contre toute attente et contre tout pronostic, que je suis optimiste. 

Mais il y a un quatrième domaine d'action essentiel qui est comme une épée de Damoclès au-dessus de notre pays et de notre modèle social. Ce sujet d'inquiétude, c'est le surendettement de la nation. Quand la zone euro a été créée, à la fin des années 90, l'Allemagne et la France avaient une dette similaire, autour de 60 % du produit intérieur annuel. Et puis, les trajectoires ont gravement divergé. Aujourd'hui, la dette de l'Allemagne se trouve toujours aux environs de 60 % de son produit intérieur brut, alors qu'en France, elle a dépassé les 110 %. Au cours de ma déclaration de politique générale, j'ai affirmé que tous les partis au Gouvernement et dans l'opposition depuis plus de 30 ans ont dansé de concert le tango fatal qui nous a conduits au bord de ce précipice. C'est un sujet dont je crois avoir au moins la légitimité historique pour l'aborder avec la gravité nécessaire devant notre pays. J'ai en effet eu l'imprudence, certains diront l'inconscience, d'en faire dès 2007 le sujet d'une campagne présidentielle. J'étais seul, mais ce n'est pas parce qu'on est seul qu'on a forcément tort. Ou plutôt, on peut avoir tort électoralement et raison nationalement et même moralement. Je développerai dans un instant le problème financier que cette situation implique, mais je veux dire ici qu'elle est aussi pour moi, et j'ose le dire, d'abord, un scandale moral, car elle revient à nous débarrasser de nos charges courantes, de nos dépenses de tous les jours, et d'en faire volontairement et consciemment porter la charge, une charge de plus en plus lourde, aux générations qui viennent et aux générations qui viendront. C'est pourquoi cette situation et cette négligence est inacceptable. Dans une famille, quand l'héritage qui vous échoua est grevé de dette, vous avez toujours la possibilité de le refuser. Ce n'est pas le cas lorsqu'il s'agit d'une nation. Vous recevez les dettes avec le patrimoine et vous ne pouvez donc pas le dénoncer. Ce sera votre charge et vous ne pourrez pas l'éluder, aussi injuste que cette situation paraisse. J'ai honte, au nom des 25 ou 30 années passées, que tant de responsables aient accepté une telle dérive. Et si les jeunes parmi nous, les jeunes adultes, les adultes valides, et nos enfants, et nos enfants à naître, étaient conscients de la situation, alors ils auraient motif à se rebeller contre ceux qui les ont condamnés par désinvolture ou par inconscience, à porter une telle charge qui, dans leur vie de tous les jours, va être impossible à écarter. Le surendettement est immoral, mais le surendettement est aussi un boulet pour notre action. Engager notre pays sur la voie du désendettement est une nécessité et chacun d'entre nous sait combien c'est difficile nécessité pour préserver notre crédit, pour renforcer notre capacité à agir, pour effectuer les investissements d'avenir et pour conduire les politiques de ressaisissement et de refondation dont nous avons besoin. 

Je plaide pour que nous prenions le chemin de ce retour à l'équilibre, ce qui n'a pas été fait depuis 1974. Et je plaide pour que nous mesurions que c'est avant tout de la capacité de notre pays à produire plus de richesses, plus d'entreprises, plus d'emplois que doit s'inscrire une démarche planifiée, c'est-à-dire pluriannuelle et respectueuse de nos engagements. Notre objectif, si nous l'acceptons, celui que nous avons affiché, et il est ô combien difficile, c'est un retour à l'équilibre, un retour au seuil de 3 % en 2029. Le seuil de 3 %, on dit très souvent qu'il a été défini au doigt mouillé, que c'était une inspiration de l'instant de ceux qui avaient, à cette époque, la responsabilité. Ce n'est pas vrai. Le seuil de 3 %, un peu plus, un peu moins, c'est le seuil à partir duquel le volume de dette n'augmente plus. C'est-à-dire que l'on peut considérer que le volume de dette établi à cet instant sera peu à peu remis à flot, comme par la marée, par la croissance que l’on est en droit d'imaginer, d'attendre et de favoriser. Et nous ne pouvons pas attendre pour agir en ce sens. Mettre un terme au dérapage passé, cela exige d'abord un suivi et une exécution rigoureuse du budget que nous avons eu tant de mal à voter pour 2025. 

Un plan d'action visant à améliorer les prévisions budgétaires et le pilotage des finances publiques a été présenté au début du mois de mars, mais nous avons aussi besoin du puissant mouvement de réforme de l'action publique que j'ai évoqué tout à l'heure, qui implique de repenser tout notre budget à partir des missions et de leur efficacité, et non plus comme nous le faisons depuis des décennies, en prolongeant simplement ce qui se faisait l'année précédente, augmenter d'un pourcentage d'inflation. 

À ces quatre chantiers, il faut ajouter l'impératif que j'évoquais d'aménager notre territoire de façon équilibrée et l'impératif de transition écologique que nous ne pouvons pas écarter et que nous devons poursuivre. Dans cet effort d'aménagement du territoire, la question des transports qui a une place centrale nécessairement, et compte tenu de l'histoire qui est la nôtre et du rôle central qu'a pris notre capitale, notre réseau de transport doit assurer la liaison entre la capitale et la province. Mais nous le savons tous, il y a aussi des liens à créer ou à recréer entre les provinces elles-mêmes, entre les lieux de vie, d'activités, de services publics, entre les villages et les villes moyennes. Si nous ne réussissons pas à développer de manière équilibrée notre réseau de transport, nous continuerons à renforcer la métropolisation sans fin de notre territoire. Sans un réseau de transport efficace et profond, il n'y aura pas de répartition équilibrée des activités économiques, donc pas de réindustrialisation, pas de distribution harmonieuse des opportunités d'emploi. À l'heure où notre pays cherche à sortir de sa dépendance aux énergies fossiles, et où il est un des seuls dans le monde qui continue dans cet effort, si vous regardez la planète, les très grands États continents, et que vous vous apercevez que tous ou presque s'écartent de la ligne que nous faisions semblant d'avoir choisi tous ensemble. Alors, notre souci est évidemment, pour les pouvoirs publics et nationaux et locaux, d'organiser le développement de ces transports et de ces activités de façon décarbonée. C'est pourquoi j'ai demandé, à la conférence Ambition France Transports, j'ai confié sa présidence à Dominique BUSSEREAU, de définir un modèle soutenable de financement de nos infrastructures. 

La condition pour relever tous ces défis, c'est que nous ayons l'idée la plus claire possible de ce qui nous réunit, de ce que nous voulons défendre ensemble et de ce que nous voulons construire ensemble. Face aux attaques de l'extérieur, face aux troubles de l'intérieur, qui tous se déchaînent contre notre projet de société, nous ne serons forts que si nous sommes unis. Nous ne serons libres que si nous avons le désir d'être ensemble et d'avancer ensemble. C'est pourquoi j'ai proposé que soit mené à l'échelle du pays et des régions un débat sur ce que signifie être Français. Vous voyez bien que ce débat ne s'adresse pas seulement, comme on le croit parfois, à ceux qui nous rejoignent. Il s'adresse aussi à nos enfants, à ceux qui naissent parmi nous. À quel projet adhèrent-ils lorsqu'ils grandissent ? Et qu'est-ce que nous partageons avec eux de ce projet ? Et donc, ce débat, je serai heureux que votre Conseil accepte de l'organiser en tenant partie de l'expertise qu'il a acquise grâce aux conventions citoyennes. Ce sera votre décision. Et je pense, ça n'est pas sans signification, que les conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux peuvent être un puissant point d'appui pour qu'il se développe partout sur le territoire français. Je propose, si vous le souhaitez, que ce débat parte de textes. Je veux bien en fournir un moi-même, parmi d'autres, parmi tant d'autres. Ma conviction, c'est qu'il ne s'agit pas d'une simple question d'identité, comme on l'a cru longtemps ou dit longtemps. La question, c'est l'adhésion à un projet national unique, puisque nous sommes le seul pays au monde qui soit fondé, non pas comme les autres sur la glorification d'une grandeur passée, non pas sur une origine ou sur une religion, non pas sur l'affirmation d'une vocation à être plus que les autres, mais sur le partage d'un certain nombre de vertus philosophiques et civiques qui sont comme les leçons que nous tirons de notre histoire. 

Ces vertus, nous les connaissons tous. Nous connaissons tous le triptyque. Il est affiché sur tous les frontons de toutes nos écoles et de tous nos bâtiments publics, notre devise républicaine : liberté, égalité, fraternité, à laquelle je pense qu'il convient, en tout cas dans notre esprit et notre volonté, d'y ajouter aussi la laïcité, dont je crois qu'elle est, au fond, un visage essentiel de notre conception particulière de la fraternité.

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