Patrick Mignola : « Ça pourrit la vie démocratique française de parler des élections présidentielles »
Patrick Mignola, ministre délégué des Relations avec le Parlement et vice-président du MoDem, s'est exprimé, le mercredi 26 février, sur plusieurs sujets d'actualité au micro de Public Sénat en partenariat avec La Voix du Nord.
Relations avec l'Algérie : « On souhaite simplement que le droit international soit respecté »
Les relations entre la France et l'Algérie traversent une période de tension, à la suite de multiples provocations diplomatiques et sécuritaires de la part d'Alger. Comme l'a souligné Patrick Mignola, « il y a des situations qui sont incompréhensibles pour les Français, qui sont inacceptables pour le gouvernement et qui doivent déboucher sur des arbitrages très concrets ».
Au MoDem, nous pointons du doigt une stratégie algérienne visant à gagner en popularité interne en rejetant la faute de leurs maux sur la France, une manœuvre qui ne fait qu'exacerber les tensions.
On voit bien qu’il y a une sorte de calcul de la part du gouvernement algérien pour finalement se faire une popularité interne, à bon compte, en mettant sur le dos du gouvernement français toutes les difficultés qui sont avant tout les difficultés qui se posent au peuple algérien.
Cependant, il ne s'agit pas de créer une escalade ou de confondre les choix du régime algérien à son peuple et ses ressortissants en France. Nos deux pays sont intimement liés, partagent une histoire commune et douloureuse, mais qui ne doit pas servir de prétexte pour tendre nos relations diplomatiques. Au contraire, les franco-algériens ici ou outre-méditerranée souhaitent un apaisement car pour eux, cette situation est à la fois délicate et peinante. Notre vice-président confirme qu'« on n’est pas dans un moment où l’on souhaite un conflit ouvert avec l’Algérie, on souhaite simplement que le droit international soit respecté ».
Le premier objectif de la France est de se concentrer sur l'application effective des décisions administratives et judiciaires, répondant ainsi aux attentes des citoyens qui ne supportent plus entendre chaque jour qu'il est difficile pour notre pays d'expulser des étrangers en situation irrégulière et qui défient les lois de la République.
Aujourd’hui ce qui est attendu par les Françaises et les Français, c’est que quand on prononce des OQTF, on puisse enfin parvenir à les appliquer.
Agriculture : « Nous sommes le premier pays à avoir pris une initiative de défense des revenus des agriculteurs »
L'agriculture française est au cœur de nos préoccupations d'action publique. Après le vote de la loi d'orientation agricole, portée par Marc Fesneau à la fois comme ministre de l'Agriculture et désormais comme député, Patrick Mignola insiste désormais sur la nécessité de s'intéresser aux revenus des agriculteurs.
Maintenant il faut qu’on s’intéresse au sujet des revenus, parce qu’il y a un certain nombre de marchés qui se portent bien, d’autres qui sont plus fragiles.
La loi EGAlim, pionnière en matière de défense des revenus agricoles, est un exemple concret de cette volonté. Une nouvelle loi en ce sens devrait intervenir dans les prochains mois, « si les travaux parlementaires avancent bien, ça peut être avant l’été ou juste après » précise le ministre délégué des Relations avec le Parlement. La question des revenus est assez complexe puisque tous les secteurs ne sont pas rémunérés de la même manière mais il est clair que ce travail devra poursuivre le rééquilibrage de la relation agriculteurs et industrie agroalimentaire, grandes surfaces.
Parce que l'agriculture est concomitante avec la protection des sols et de la biodiversité, nous ne devons plus opposer notre besoin de production avec la nécessité de préserver les écosystèmes ambiants.
C’est le combat permanent qu’on doit avoir en tête : à chaque fois que la France fait un projet technologique pour avoir une agriculture saine et de qualité, c’est aussi des conquêtes de marché pour les agriculteurs.
Démocratie : « Je pense que la démocratie française s’abîme à hyper-personnaliser tous les sujets politiques »
La réforme des institutions, notamment à travers la loi PLM, qui régit les élections municipales de Paris-Lyon-Marseille, et l'introduction du système proportionnel dans le scrutin législatif, est un sujet démocratique majeur.
Ainsi, notre vice-président rappelle que la réforme du mode de scrutin pour les élections municipales à Paris, Lyon et Marseille est un sujet bien connu et expertisé depuis des années, réfutant les critiques sur une précipitation supposée.
Pour ceux qui cherchent à polémiquer sur ce texte PLM qui serait arrivé trop vite sans qu’on le maîtrise tout à fait, je rappelle juste que c’est un sujet que tout le monde connaît dans la vie politique française […], que tout le monde a expertisé depuis 20 ans.
Concernant les élections présidentielles de 2027, Patrick Mignola déplore une hyper-personnalisation des sujets politiques, qui nuit à la qualité du débat démocratique. Il appelle à se concentrer sur les réformes économiques, sociales et administratives nécessaires pour stabiliser le pays, plutôt que de se focaliser prématurément sur les échéances électorales.
Ça pourrit la vie démocratique française de parler des élections présidentielles. On vient de voter un budget pour le pays, on vient de re-stabiliser politiquement le pays, on a devant nous à se remettre en route en matière économique, sociale et administrative, on a enfin à faire la réforme de l’État, et pourquoi ? parce qu’on est menacé par une situation politique internationale qui, pour la première fois, remet du danger sur le sol européen.